Mont Foster, 2026
Estrie
Aujourd’hui était une journée un peu spéciale. C’était ma première randonnée avec Estelle. Pour cette sortie, j’avais choisi une montagne que je ne connaissais pas: le Mont Foster, situé dans la région des Cantons-de-l’Est, près de Bolton.
Le mont Foster fait partie du massif des monts Sutton, lui-même intégré aux Appalaches. Son sommet culmine à environ 713 mètres d’altitude, ce qui en fait une montagne modeste mais très intéressante pour la randonnée, été comme hiver.
Plusieurs sentiers permettent d’atteindre le sommet. Certains itinéraires sont relativement courts, de l’ordre de 2 à 4 km aller-retour, ce qui peut être parfait pour une randonnée rapide. Mais pour l’occasion, j’avais choisi l’approche la plus longue, environ 12 km, afin de prolonger notre temps sur le sentier. Après tout, pour profiter de la nature, quelques kilomètres supplémentaires ne sont jamais une mauvaise idée.
Une matinée sous la neige
Je passe donc prendre Estelle vers 9 h le matin. La veille, Montréal avait reçu une belle bordée de neige, ce qui donnait déjà une atmosphère hivernale parfaite pour une randonnée.
Les routes n’étaient pas dans leur meilleur état pour conduire, mais rien de dramatique. Après un trajet tranquille vers l’Estrie, nous arrivons au minuscule stationnement du mont Foster… qui peut accueillir environ cinq voitures seulement. Sans surprise, il est déjà plein à notre arrivée. Nous devons donc nous stationner en bordure de la route.
On prend le temps de s’équiper calmement, d’ajuster nos sacs et nos crampons, puis on s’engage enfin sur le sentier.
Une neige fraîche qui complique les choses
Le sentier est déjà partiellement tapé, mais la trace principale, le fameux monorail, est très mince sous la neige fraîche tombée pendant la nuit. Par moments, il disparaît complètement sous la poudreuse. Résultat: dès qu’on fait un pas un peu à côté de la trace, on s’enfonce jusqu’aux genoux… et parfois jusqu’aux cuisses. Étrangement, ça fait partie du plaisir. On rit beaucoup de ces petits imprévus, même si ça ralentit considérablement notre progression.
C’est aussi à ce moment que je réalise qu’Estelle est une très bonne randonneuse, même en hiver. Elle garde une cadence solide et je n’ai aucun problème à marcher avec elle. Pour une première sortie ensemble, c’est déjà un très bon signe.
Une montée progressive… et un final plus technique
La majeure partie du sentier se fait sans dénivelé très marqué. La montée est progressive, à travers une belle forêt mixte typique de l’Estrie. Cependant, les 500 derniers mètres changent un peu la dynamique. Le terrain devient plus abrupt et rocailleux. Par endroits, la neige laisse place à des sections de roche, feuilles mortes et terre.
À cette période de l’année, ce n’est pas idéal. Les crampons deviennent rapidement mouillés, puis la neige s’accumule dessous. Après quelques minutes, on a presque l’impression de marcher avec des talons hauts tellement la glace collée sous les crampons nous surélève.
Le sommet… sans la vue
Nous atteignons finalement le sommet sans difficulté.
Normalement, la récompense au sommet du mont Foster est une vue spectaculaire à 360° sur les montagnes Vertes et les Cantons-de-l’Est. Mais aujourd’hui, la tempête de neige a décidé autrement. Le panorama est remplacé par… une magnifique absence de vue.
Au sommet se trouve une grande tour d’observation en bois, souvent appelée la Tour des Scouts, qui mesure environ 10 mètres de hauteur. Elle permet normalement d’observer toute la région environnante depuis une altitude d’environ 710 mètres.
Historiquement, ce sommet a aussi accueilli différentes tours servant à surveiller les feux de forêt, certaines ayant même été reconstruites après avoir été détruites… par le feu. Nous prenons le temps de dîner tranquillement avant de monter dans la tour. Après la montée et l’effort dans la neige, Estelle avait clairement besoin d’un bon refill d’énergie.
La descente (et les mini-luges)
Après environ 30 à 40 minutes au sommet, nous entamons la descente.
J’avais apporté mes mini-luges, avec l’idée de profiter du dénivelé pour glisser un peu. Malheureusement, la configuration du sentier ne s’y prête pas vraiment. Le tracé est trop irrégulier et pas assez continu. On réussit tout de même à glisser deux ou trois petites sections, juste assez pour rire un peu.
Le reste de la descente se déroule très bien. La neige continue de tomber doucement et la tempête nous accompagne pratiquement toute la journée, jusque sur une partie du trajet de retour.
Une première randonnée réussie
Au final, ce fut une très belle randonnée, dans une ambiance hivernale parfaite et en excellente compagnie.
Parfois, les conditions ne donnent pas les plus belles vues. Mais certaines journées valent la peine simplement pour le plaisir d’être sur le sentier… et de partager le moment avec la bonne personne.
Informations
5h10 @ 3,5 km/h
6h05 @ 3 km/h
Destination(s) de cette randonnée
Mont Foster
2 343 ft