Mont Orford, 2021
Estrie
Randonnée au Pic de l’Ours au Mont Orford
Deuxième plus haut sommet du Parc national du Mont Orford, le Pic de l’Ours, qui culmine à 740 mètres, s’impose comme l’un des points de vue les plus spectaculaires de l’Estrie. Dominant l’ensemble du massif d’Orford, cette randonnée se distingue par la diversité de ses paysages, son caractère soutenu et la richesse de l’expérience vécue tout au long du parcours. Long, ancestral et résolument montagnard, l’itinéraire emprunte une portion du célèbre sentier des Crêtes du Mont Orford, une succession de sommets reliant le lac Stukely au sommet principal d’Orford.
Le sentier des Crêtes du Mont Orford
Le trajet menant jusqu’au Pic de l’Ours correspond à une section bien connue du sentier des Crêtes du Mont Orford, un itinéraire prisé des randonneurs qui souhaitent explorer la colonne vertébrale du parc. Ce sentier relie plusieurs sommets et permet de saisir toute la complexité du Mont Orford, entre forêts mixtes, affleurements rocheux et panoramas ouverts sur les Cantons de l’Est.
Dès les premiers pas, le caractère naturel et historique du secteur se fait sentir. Sur Orford, la montagne ne se donne jamais d’un seul coup. Elle se découvre progressivement, sommet après sommet.
Départ du lac Stukely
La randonnée vers le Pic de l’Ours débute au stationnement du lac Stukely, situé dans la portion nord du Parc national du Mont Orford. Les premiers kilomètres se déroulent sur un sentier large, partagé avec les cyclistes. Le sol en gravier compact permet une progression fluide et sert de mise en jambes idéale avant l’ascension plus soutenue.
Sur près de deux kilomètres, le sentier traverse une forêt paisible jusqu’à l’intersection du Ponceau. À partir de ce point, la présence du massif d’Orford devient plus marquée et le ton de la randonnée change graduellement.
L’Escalier du Nord
Après avoir longé une petite rivière particulièrement charmante, le dénivelé du Mont Orford se fait sentir de façon plus franche. La pente se redresse rapidement et annonce l’entrée dans l’une des sections les plus exigeantes du parcours.
L’Escalier du Nord porte parfaitement son nom. Les marches de pierre naturelles s’enchaînent presque sans relâche et imposent un rythme constant. Malgré l’effort soutenu, la montée demeure accessible pour un randonneur en bonne forme, les marches offrant une stabilité appréciable. Cette portion illustre bien le caractère du Mont Orford, exigeant mais toujours gratifiant.
Premier belvédère sur le lac Stukely
Après environ un kilomètre et demi d’ascension, une courte bifurcation mène au premier belvédère de la randonnée. Quelques centaines de mètres suffisent pour atteindre ce cap rocheux qui ouvre la vue sur le lac Stukely.
D’en haut, le lac dessine une forme de U parfaitement reconnaissable. À droite, le mont Chauve et les collines environnantes complètent le paysage. Ce premier point de vue permet de prendre la mesure du massif d’Orford et donne un avant-goût de ce qui attend plus haut sur la montagne.
Une expérience pieds nus sur le Mont Orford
C’est à ce belvédère que Caroline propose une idée aussi simple qu’audacieuse, poursuivre la randonnée pieds nus sur une portion du sentier. L’idée vient d’elle, portée par l’envie de ralentir et de vivre Orford autrement.
Le rythme change immédiatement. Chaque section boueuse devient une occasion de rafraîchir les pieds et de se reconnecter au sol. Marcher pieds nus sur le Mont Orford exige une attention particulière à la technique de marche et à la façon de poser le pied, surtout sur un terrain aussi varié. La boue, étonnamment douce, vient atténuer les chocs et rendre l’expérience plus accessible.
Cette parenthèse sensorielle ajoute une dimension humaine et instinctive à la randonnée. Grâce à Caroline, cette portion du Mont Orford se transforme en une exploration autant physique que sensorielle.
Le Pic de la Roche Fendue
Un peu plus loin sur le sentier des Crêtes du Mont Orford, après environ un kilomètre et demi supplémentaire, apparaît le Pic de la Roche Fendue, qui atteint 630 mètres d’altitude. L’arrivée à ce second sommet provoque immédiatement l’émerveillement.
La vue s’ouvre à nouveau sur le lac Stukely ainsi que sur la portion ouest du Parc national du Mont Orford. Le sommet doit son nom à un impressionnant rocher vertical traversé par une fissure marquée de haut en bas. Cette formation géologique unique donne au lieu une atmosphère presque irréelle et renforce le caractère sauvage du massif d’Orford.
Dernière ascension vers le Pic de l’Ours
Les derniers mètres menant au Pic de l’Ours représentent le défi final de cette randonnée sur le Mont Orford. Une masse rocheuse plus élevée domine la Roche Fendue sur la gauche. C’est là que se trouve l’objectif principal de la journée.
Le sentier des Crêtes oblige à redescendre légèrement avant d’entamer une remontée franche. Cette ascension soutenue sollicite intensément les cuisses et les mollets. Heureusement, les jambes sont déjà bien échauffées par les nombreuses marches gravies plus tôt sur Orford.
Progressivement, le sentier de terre laisse place aux grandes dalles rocheuses typiques des sommets du Mont Orford. Quelques minutes plus tard, la surface arrondie et relativement plane du Pic de l’Ours se dévoile enfin.
Le sommet du Pic de l’Ours
Une fois au sommet, le spectacle est total. Le Pic de l’Ours offre une vue panoramique à 360 degrés sur le Mont Orford et ses environs. Le sommet principal d’Orford, qui culmine à 853 mètres, se dresse tout près, imposant et majestueux.
Des pierres de toutes tailles jonchent le sommet et créent un décor brut et fascinant. Chaque déplacement révèle une nouvelle perspective sur la région. Explorer le sommet permet de découvrir une succession de points de vue, tous différents, tous marquants.
Un prolongement inattendu sur Orford
Il est à peine midi trente lorsque nous prenons le temps de manger au sommet du Pic de l’Ours. À l’origine, cette randonnée sur le Mont Orford devait rester relativement courte, l’énergie n’étant pas pleinement au rendez-vous après une semaine exigeante.
C’est encore Caroline qui suggère de poursuivre un peu plus loin, attirée par la promesse de points de vue supplémentaires. Même si ces belvédères ne se révèlent pas clairement, cette portion supplémentaire permet une belle rencontre avec un couple âgé en préparation pour un trek en autonomie dans les Alpes. Un moment simple, mais inspirant, au cœur du massif d’Orford.
Le retour vers le lac Stukely
Conscients que chaque kilomètre supplémentaire devra être parcouru une seconde fois, nous convenons de faire demi-tour. Le retour vers le lac Stukely se déroule sans incident majeur, malgré quelques glissades et une douleur persistante à un genou, souvenir bien réel de l’exigence du Mont Orford.
La boucle se referme tranquillement, laissant derrière elle une impression durable. Le Mont Orford se révèle ici comme une montagne complète, physique, panoramique et profondément vivante, où chaque sommet contribue à une expérience de randonnée mémorable.
Informations
6h30 @ 3,5 km/h
7h35 @ 3 km/h
Destination(s) de cette randonnée
Pic de l’Ours
2 451 ft
Pic de la Roche Fendue
2 136 ft