Sept Chutes, 2025
Lanaudière
Tabarnouche, qu’est-ce qui m’a pris de proposer une randonnée de 7 kilomètres à un groupe de chinois par une belle journée d’été? Ah oui, c’est vrai – j’pensais que c’était une bonne idée! Spoiler alert: ça l’était effectivement, mais pas pour les raisons que j’croyais au départ.
Le décor parfait… avec quelques invités non désirés
Le Mont Brassard, c’est pas de la petite bière dans le Parc Régional des Sept-Chutes à Saint-Zénon. Avec ses 650 mètres d’altitude pis ses vues à couper le souffle sur le Lac Rémi, c’est un des joyaux de la région de Lanaudière. Le sentier de 6,7 kilomètres nous fait grimper de 365 mètres depuis la route 131, avec des belvédères qui donnent le vertige – dans le bon sens du terme.
Saint-Zénon, c’est un petit village de 1,317 âmes perché à 488 mètres d’altitude, à une heure et demie de Montréal. Fondé en 1895, ce coin-là est devenu le paradis des amateurs de plein air avec ses 65,5 kilomètres de sentiers de la Grande Boucle Zen’Nature pis ses multiples ZEC. C’est dans la Matawinie, la partie nord de Lanaudière qui couvre 80% de la région – un territoire grand comme un petit pays avec ses 10,000 lacs et rivières!
La météo était parfaite: soleil, 22 degrés, quelques nuages floconneux. Le genre de journée où tu te dis « calvaire que c’est beau le Québec! » Sauf que… personne m’avait dit que les mouches noires avaient organisé leur convention annuelle exactement le même jour. J’vous jure, on aurait dit qu’elles avaient reçu un mémo: « Groupe de randonneurs détectés, toutes les unités convergent vers le Mont Brassard! »
L’école de survie version « comment ne pas se faire manger vivant »
Heureusement que j’avais averti tout le monde d’apporter de la protection contre les bibites! Mes compagnons chinois étaient équipés comme s’ils partaient en expédition polaire: filets, chapeaux, répulsif industriel. Moi, dans ma grande sagesse québécoise, j’avais juste mon vieux spray qui sent la patate. Devinez qui s’est fait harceler le plus?
Le sentier du Mont Brassard, c’est pas mal technique par bouts. Y’a des sections avec des cordes d’assistance installées, des roches à escalader, pis des racines qui essaient de te faire trébucher. Mes amis ont relevé le défi comme des champions! À un moment donné, en montant vers « le Pic » (un des cinq belvédères principaux), une des dames du groupe m’a dit en anglais avec un petit sourire: « In China, we call this ‘character building’. » J’ai ri – finalement, c’est pareil partout dans le monde!
La pause lunch qui a changé ma vie
Rendu au sommet, à 590 mètres au-dessus du niveau de la mer, on s’est installés pour dîner. C’est là que la vraie magie a commencé. Entre deux bouchées de sandwich pis quelques gifles de mouches, on s’est mis à jaser de tout et de rien.
Mon nouveau prof de géographie culturelle improvisé m’a expliqué les différences entre les provinces chinoises, leurs traditions de montagne, leurs rituels de randonnée. J’ai appris que dans certaines régions, ils font des offrandes aux esprits de la montagne avant de grimper. Ça m’a fait penser à nos propres traditions autochtones ici au Québec – on a plus de points communs qu’on pense!
Une autre membre du groupe m’a raconté comment les couples chinois célèbrent leurs anniversaires en escaladant des montagnes ensemble. « Mountain love is strong love, » qu’elle m’a dit. J’ai trouvé ça ben beau! Ici, on fait du canot ou on va aux cabanes à sucre, mais l’idée est la même: partager des expériences dans la nature pour renforcer les liens.
Les vraies découvertes se font autour d’une table de pique-nique
Le plus fou, c’est qu’en une heure de jasette sur cette table de pique-nique face au Lac Rémi, j’ai appris plus sur la Chine que dans les six derniers mois de ma vie! Ils m’ont parlé de leurs voyages, de leur vision de la famille, de leurs rêves. Moi qui pensais juste leur montrer les beautés du Bouclier canadien avec ses formations rocheuses vieilles d’un milliard d’années, j’me suis retrouvé à recevoir un cours accéléré sur la moitié de la planète!
Y’a quelque chose de magique qui arrive quand tu partages un effort physique avec du monde, même si vous parlez pas la même langue au départ. Le sentier, les défis, les cordes d’assistance dans les passages techniques, les exclamations d’émerveillement devant la chute du Voile de la Mariée de 60 mètres – tout ça crée des liens instant.
Le succès de l’expédition
Au final, tout le groupe a terminé les 7 kilomètres avec le sourire (pis quelques piqûres de mouches noires comme souvenirs). Ils ont adoré découvrir cette partie sauvage de Lanaudière, avec ses paysages qui passent de la pessière noire (forêt d’épinettes noires) aux pinèdes rouges sur les sommets.
Le Parc Régional des Sept-Chutes, géré par la Société de développement des parcs régionaux de la Matawinie depuis 2008, c’est vraiment un bijou. Avec ses cinq sentiers, ses dix points de vue, pis ses chalets au bord du lac, c’est le genre d’endroit qui fait comprendre pourquoi on est fiers d’être Québécois.
Leçons apprises sur le sommet
Cette randonnée-là m’a rappelé pourquoi j’aime tant faire découvrir notre coin de pays. C’est pas juste les 500 mètres de dénivelé ou les vues spectaculaires sur les Laurentides qui comptent. C’est les rencontres, les échanges, les rires partagés malgré les mouches qui nous attaquent en gang.
Mes compagnons chinois m’ont donné une belle leçon: la curiosité pis l’ouverture, ça se transporte partout, même dans un sac à dos sur un sentier rocheux à Saint-Zénon. Ils ont escaladé nos rochers, respiré notre air pur, pis en échange, ils m’ont ouvert une fenêtre sur leur culture.
La prochaine fois que quelqu’un me demande pourquoi j’aime tant les 650 mètres du Mont Brassard, j’vais y répondre: « Parce que c’est là-haut qu’on découvre que le monde est plus petit qu’on pense, pis plus beau qu’on l’imaginait. » Même avec les mouches noires!
Pro tip de guide: Apportez du répulsif extra-fort, mais surtout, apportez votre curiosité. Les meilleures découvertes se font souvent autour d’une table de pique-nique, entre deux gorgées d’eau pis une claque de mouche. Pis croyez-moi, les histoires que vous allez ramener valent bien toutes les piqûres du monde!
Informations
3h40 @ 3,5 km/h
4h15 @ 3 km/h
Destination(s) de cette randonnée
Mont Brassard
2 146 ft